LEJAPON MODERNE 12

Le Japon n’est pas encore très riche, pourrait-on m’objecter… Et c’est vrai.
Jusqu’à l’heure actuelle, le Japon n’est guère qu’un pays agricole ; et l’industrie n’y apparaît encore qu’embryonnaire. Mais la transformation politique fut si prompte à Tokio qu’une transformation écono¬mique presque instantanée n’aurait pas le droit de nous surprendre. Le jour que cette transformation serait chose faite, le Japon pourrait fort bien parler aux États-Unis d’égal à égal. N’oublions pas ceci : que, demain, l’Amérique aura perdu son principal avantage, l’avantage du nombre. Et le Japon, trop à l’étroit dans ses îles, sera contraint par la nécessité d’en sortir…

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Oh ! je ne vois pas venir, pour l’océan Pacifique, des temps futurs qui soient de tout repos !…
Au fait, c’est tant pis pour les gens qui forcèrent, en 1854, le Japon à sortir de cet isolement séculaire dans lequel il se complaisait et qu’il n’aurait jamais brisé volontairement. Ces gens-là, n’est-ce pas ? — les gens du commodore Parry — étaient Américains ? Alors, à chacun selon ses œuvres ! et tant pis pour l’Amérique, si plus tard elle regrette un geste qui fut exclusivement américain.
Je m’excuse d’en revenir encore à la conférence de Washington… Mais il le faut. A Washington, les grandes puissances navales, réunies en concile, se partagèrent comme suit l’empire du monde, — je veux dire l’empire des océans : à l’Angleterre, 525.000 tonnes de cuirassés ; aux États-Unis, autant ; au Japon, 350.000 tonnes ; et à la France, comme à l’Italie, 175.000 tonnes seulement. Pour qui veut bien songer une seule minute que notre empire colonial français l’emporte de beaucoup, tant par l’immensité de nos domaines que par leur disper¬sion sur toutes les mers du globe, sur tout ce que possède l’Amérique, le Japon ou l’Italie, cette part congrue qu’on nous réserve constitue un brevet de décadence. Pour qui veut bien considérer, au contraire, que le Japon n’a point de colonies, toutes ses possessions étant groupées à proximité immédiate de Tokio même, les 350.000 tonnes cuirassées qui lui sont attribuées sont proprement une force offensive, au premier chef ; de quoi attaquer, à volonté, tout le monde, et n’être jamais attaqué par personne : ni l’Amérique, ni l’Angleterre, ne peuvent désormais braver le Japon. L’écart était plus grand, en 1904, entre les flottes du Mikado et du Tsar, car les Russes étaient deux contre un ; et ils fu¬rent vaincus, parce que Tsou-Shima était trop près de Tokio et trop loin de Pétrograd. Ab heri discè cras ! Bref, vous le voyez : l’acccord de Washington a consacré notre déchéance et consacré le triomphe du Japon. Pourquoi cette injustice à notre égard ? Ne venons-nous pas d’être vainqueurs dans la plus grande des guerres ? Oui ! Mais nous avons été vainqueurs en nous défendant… Ce n’est pas nous qui avons fait la guerre, c’est nous qui l’avons subie… Et aujourd’hui que la France, épuisée, ne songe qu’à réparer ses ruines, le monde entier, trompé par nos ennemis d’hier, nous accuse d’impérialisme, sans que nous sachions nous en défendre… Ne nous sommes-nous pas, d’ailleurs, stupidement étiolés, de 1871 à 1914, parmi les plus stériles luttes intestines ?… Et ne recommençons-nous pas, dès 1924 ? Ne sommes-nous pas les oublieux éternels, les niais, qu’on ne déniaisera jamais ?… N’avons-nous donc pas, bel et bien, mérité par notre ignorance, par notre légèreté, par notre idéologie, — par notre mortelle idéologie, surtout ! — le mépris et l’injustice de tous les autres peuples du monde ? Tant pis pour nous ! et tant mieux pour le Japon qui, lui, par sa sagesse, son énergie et son intelligence, a su, de 1854 à 1868, d’abord, puis de 1868 à 1914, partir de rien et arriver à tout. Voyons ! le Japon n’a jamais été notre ennemi ; et je n’aperçois aucune chance pour qu’il puisse, même au cours des âges à venir, se ranger parmi nos adversaires. S’il se dresse aujourd’hui devant les races anglo-saxonnes comme un conquérant formidable, — formidable d’autant davantage que, derrière lui, la Chine innombrable et millénaire commence d’apparaître, telle une réserve inépuisable et invincible, — les races anglo-saxonnes seraient mal fondées à nous en faire jamais grief, à nous la France : ce n’est pas le pavillon tricolore, c’est le pavillon étoilé qui, en 1854, déclencha sur le monde cette avalanche dont le monde aujourd’hui s’épouvante ! Après tout, sur ce Pacifique, probable champ de bataille à venir, nous n’avons, nous, que des intérêts bien minimes ; et nous serons neutres, à coup sûr, dans les luttes qui vont peut-être s’engager. Tant mieux pour nous, cette fois ! et comme, somme toute, ces mêmes races anglo-saxonnes, dont nous fûmes le bon champion et le courageux combattant, de 1914 à 1918, sur tant et tant de champs de bataille, nous marquent aujourd’hui une regrettable ingratitude, — eh bien ! nos sympathies, à l’heure décisive, pourraient bien être du côté de l’empire du Soleil-Levant, — dont je prédis, dès aujourd’hui, la foudroyante victoire!

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